Archéologie au Champ du four

Archéologie au Champ du four

Cette fouille, conduite par la société Archeodunum, qui concernait une surface 4,3 ha prescrite par le Service régional de l’Archéologie (DRAC Bourgogne-Franche-Comté) est intervenue préalablement à la création d’une zone de compensation environnementale par la DREAL dans le cadre des travaux de réaménagement de la Route Centre-Europe Atlantique (RCEA).

Des découvertes Exceptionnelles

Les vestiges les plus anciens du site mettent en évidence plusieurs phases d’occupation durant l’âge du Bronze et au cours du premier âge du Fer. Ces installations sont notamment matérialisées par des alignements de trous de poteau dessinant des plans de bâtiments et des palissades, de grandes fosses polylobées destinés à l’extraction d’argiles et des vases silos semi-enterrés servant au stockage des céréales, mais également par quelques sépultures à la crémation isolées.

C’est dans la deuxième moitié du IIIè siècle av. J. –C que s’installe une vaste ferme gauloise qui va rester en activité jusqu’à la fin du second âge du Fer. Le site se développe alors à moins de 2,5 km au sud-est de Cabillonum (Chalon-sur-Saône), reconnu comme le port principal du territoire au croisement de plusieurs itinéraires. Cet établissement rural se développe sur près de 20 000 m² et s’organise autour d’un vaste enclos quadrangulaire de 75 m de côté qui se poursuit à l’est en dehors de l’emprise de fouille. L’intérieur de l’enclos, séparé du reste du site par un fossé originellement associé à un talus, abrite plusieurs bâtiments sur poteaux porteurs et des fosses destinées à divers usages. La présence dans le fosé et dans d’autres structures, de nombreux fragements d’amphores à vin, produit coûteux importé d’Italie, ainsi que des restes d’armement et de parures témoignent du statut privilégié d’une partie des occupants du lieu.

La fouille a révélé la présence exceptionnelle au sein de l’enclos gaulois de trois puits d’une profondeur moyenne de 4,50 m, parmi lesquels deux présentaient un cuvelage en bois de chêne dont la partie inférieure est parvenue dans un parfait état de conservation. Ces deux cuvelages, démontés et prélevés, étaient ainsi conservés depuis le fond des puits sur une hauteur de près de 1,20 m, de même que divers éléments en matières organiques piégés dans leurs comblements.

Concernant le mobilier recueilli, on peut mentionner la présence dans le premier puits de plusieurs fragments d’une corde et d’une attache de sceau, tandis que le deuxième puits présentait un amas d’éléments en bois parfois brûlés aisni qu’une amphore et plusieurs vases écrasés. À ces objets, s’ajoute la présence de nombreux autres restes organiques tels que fruits, feuilles, branchage, graines, micro faune qui offrent de nombreuses perspectives d’analyses paléoenvironnementales.
Propos recueillis auprès d’Amaury Collet, responsable d’opération.

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