Pierre ABELARD
Qui connaît aujourd'hui le philosophe Pierre Abélard ? A Saint-Marcel on a une rue Abélard, référence bien intellectuelle pour une commune industrieuse... Pourtant c'est ici qu'il y a plus de huit cent ans, l'homme le plus lettré de son temps, l'esprit le plus vif de son époque, a fini ses jours.
A la fin de sa vie, Abélard est une fois de plus condamné par le pape pour ses idées trop novatrices ; il veut se rendre à Rome pour plaider sa cause directement auprès du pape. Mais il est épuisé, physiquement et moralement, par l'incompréhension dont il est victime depuis si longtemps. Sur la route qui le conduit à Rome, il s'arrête à Cluny ; Pierre le Vénérable, prieur de l'abbaye et grand admirateur d'Abélard, lui offre l'hospitalité avant de l'envoyer se reposer à Saint-Marcel, où "l'air est bon et le climat doux"...
Là, jusqu'au bout, il continuera à écrire, étudier et méditer. Il meurt en 1142 à l'âge de 63 ans, à sa table de travail, comme l'écrira Pierre le Vénérable à celle qui fut sa compagne, Héloïse, abbesse du Paraclet. Ce couple mythique, dont l'histoire a traversé les siècles, avait eu un fils. Et l'on comprendra mieux leur indépendance d'esprit et leur curiosité scientifique quand on saura que celui-ci avait été prénommé "Astrolabe". Séparés dans la vie, Abélard et Héloïse ont été réunis dans la mort au cimetière du Père Lachaise. Et à leurs pieds, neuf siècles plus tard, on y trouve encore des roses fraîches...